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1.
Marvelous Maciste (1915)
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A young girl, pursued by a band of conspirators, hides in a movie theatre where she watches the film Cabiria... (67 mins.)
“ Spin-off bon marché de "Cabiria" et premier de la série des Maciste.

Produit dans le but de capitaliser sur le succès de "Cabiria" (1914), première superproduction mondiale (remarquable pour ses mouvements d'appareils innovants et moyens ambitieux qui influenceront D. W. Griffith et Cecil B. DeMille, mais aussi ses acteurs gesticulants et grimaçants comme à l'opéra), le Maciste inaugural, bien que court (70 minutes), paraît beaucoup plus long. L'argument a pour cadre l'époque contemporaine, ce qui permet d'éviter d'onéreuses dépenses en costumes, figurants et décors.

Le scénario est dans la même veine que les serials de Louis Feuillade, mais la mise en scène est moins élégante. Une déception : peu de trucages pour illustrer la force du colosse.

L'occasion de visiter (très brièvement) le studio de Turin où fut tourné "Cabiria". Seulement une valeur de document historique, donc. Qui permet de prouver, puisque l'on assiste à une projection dans le film, que les films muets étaient accompagnés par un orchestre dirigé, non pas par un pianiste qui improvise. Ce qui sera confirmé en 1929 dans "A Cottage on Dartmoor", chef-d'œuvre anglais du muet agonisant.

La première série des Maciste (interprétée par Bartolomeo Pagano) se divise en une période italienne (jusqu'en 1922), une allemande (de 1922 à 1924) et une seconde italienne (de 1924 à 1927) aux mises en scène plus soignées. Le plus intéressant est "Maciste aux enfers" (1925) de Guido Brignone, avec ses femmes démoniaques, décors fantastiques inspirés par les gravures de Gustave Doré et effets spéciaux signés Segundo de Chomon. Film qui a poussé Federico Fellini à faire du cinéma et qui a influencé plus ou moins directement Luigi Cozzi. En 1962, Riccardo Freda en réalisera un semi-remake suite à la résurrection sonore, en couleurs, Dyaliscope et en costumes du héros, dans une Antiquité revue par Cinecittà, proche de l'heroic fantasy, au cours du second âge d'or du péplum (1957-1965) : "Maciste en enfer". C'est l'un des opus les mieux cotés de cette seconde série du début des sixties avec "Maciste contro il vampiro/Maciste contre le fantôme" (1961) de Sergio Corbucci et Giacomo Gentilomo et "Maciste contre Zorro" (1963) d'Umberto Lenzi. ” - leniod
 
2.
Markens grøde (1921)
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After the Nobel prize winning Knut Hamsun-novel, with it's criticism of industrialization, urbanizing and loss of values. The farmer Isak makes a farm out of barren soil, together with Inger and their two sons. She kills the third. (107 mins.)
“ Adaptée d'un roman à succès du prix Nobel Knut Hamsun, cette très importante production (dans le contexte de l'époque et de la Norvège), tournée en décors naturels, fut longtemps considérée comme perdue. Vers 1990 une copie fut découverte à New York et une autre fut retrouvée à la cinémathèque des Pays-Bas. Au Musée du cinéma de Bruxelles, j'ai assisté à la projection du DVD de la version restaurée, sur base des deux copies, par le Norwegian Film Archives. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de juger de la qualité de la composition orchestrale écrite pour ce film par Leif Halvorsen, l'institution belge préférant violer l'intégrité des œuvres en imposant, à la place du son original, un démuni pianiste solitaire en totale improvisation, une attraction pour touristes.

Présenté abusivement comme un « chef-d'œuvre oublié de l'Histoire du cinéma », la réalité est très décevante. Le résultat de la restauration est médiocre. Il s'agit de contretype de contretypes (16mm ?), l'image est floue, trop contrastée. Il manque une quinzaine de minutes, mais cela semble déjà beaucoup trop long. Le scénario, une ode à l'individualisme, est inintéressant, même si le cadre est pittoresque, et plein d'invraisemblances : un ermite, vivant à une dizaine de kilomètres des voisins les plus proches, vend du bois au village pour survivre, alors que ce n'est pas ce qui manque dans la région. Il parvient même à investir dans l'immobilier et à s'acheter du matériel agricole ! Une paysanne, sans doute illettrée, isolée dans la lande et qui n'est pas abonnée aux cours du marché en temps réel, est curieusement informée du prix du bétail de boucherie ! Une dame âgée, qui tient à peine sur les jambes, ne cesse de faire des aller-retours dans les montagnes enneigées ! Plusieurs femmes enceintes préfèrent accoucher seules (coutume du coin en dépit des précautions élémentaires ?) en trouvant un prétexte pour éloigner leur époux, qui semblent surpris lorsqu'ils voient leur enfant… Apparemment ils n'étaient au courant d'aucune des grossesses ! Un homme reste pendant plusieurs jours coincé sous un arbre en plein hiver, la jambe cassée, mais en bonne santé ! Il y a aussi des incohérences. Une intrigue secondaire évoque des problèmes socio-économiques dans une mine de cuivre, mais, dans la copie « restaurée » projetée en DVD par le Musée du cinéma de Bruxelles, cela ne mène à rien, n'aboutit nulle part.

Rien à signaler concernant la mise en scène, à l'exception de quelques panoramiques et d'un travelling lors d'une courte scène onirique, avec surimpression (vers la fin, à la 90 ième minute environ). Soyons positifs : les acteurs ne surjouent pas (par rapport à la moyenne) et c'est plutôt bien cadré.

Quatre ans plus tard, Carl Theodor Dreyer viendra en Norvège réaliser le mineur "Les fiancés de Glomdal", un "Roméo et Juliette" dans d'impressionnants paysages. ” - leniod
 
3.
The Bride of Glomdal (1926)
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Tore takes over the rundown family farm. Applying his youthful energy, he intends to make it into a... (115 mins.)
“ Dreyer mineur en extérieurs sauvages magistralement filmés.

Un "Roméo et Juliette" dans d'impressionnants paysages naturels norvégiens.

L'argument est fort convenu et guère passionnant : Roméo est trop pauvre au goût du père de Juliette qui souhaite la marier à un prétendant plus riche. Juliette s'enfuit et se blesse. Roméo et ses parents la soignent. Le pasteur convainc le père de Juliette de la laisser épouser Roméo. Mais le promis frustré, jaloux, se venge. Roméo, emporté par les flots d'une rivière sauvage, se noie presque. Mais, grâce à Dieu, tout finit bien. L'amour et la morale triomphent.

Un petit Dreyer muet, un peu ennuyeux, qui vaut surtout par ses décors authentiques splendidement cadrés. ” - leniod
 
4.
Kongo, het hart van Afrika (1930 Documentary)
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Director: Ernest Genval
“ "Congo, cœur de l'Afrique" est un condensé de 19 minutes, destiné aux circuits commerciaux internationaux (les titres sont en anglais), des nombreux courts documentaires réalisés au Congo belge depuis 1925 par Ernest Genval, nommé en 1930 premier cinéaste officiel du Congo par le gouvernement belge.

Dans ce produit de propagande, sont présentées la capitale Boma, la nouvelle ville moderne Léopoldville (intéressantes prises de vue aériennes), les lignes de chemin de fer Boma-Tshela et Matadi-Léopoldville, la culture du cacao et la fabrication de l'huile de palme, les voies navigables, etc.

Le but du film est de saluer la civilisation et le progrès apportés par la Belgique chez les sauvages cannibales indigènes.

En 1924, le Baron Lambert avait tourné un long-métrage de 74 minutes intitulé "Un voyage au Congo" décrivant son voyage en bateau, train et voiture, du Maroc au Canal de Suez en passant par Dakar, Banana, Boma, Matadi, Léopoldville, Élisabethville et des brousses encore peu explorées. En 1934, Charles Dekeukeleire filmera une expédition en camion et automobiles, d'Alger jusqu'au Ruanda-Urundi en passant par le Congo. Le résultat, de soixante minutes, s'intitule "Terres brûlées". ” - leniod
 
5.
The Brat (1931)
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A society novelist brings a brash young chorus girl home in order to study her for inspiration for his new novel... (60 mins.)
Director: John Ford
“ Un John Ford rare du début du cinéma sonore, adapté d'une pièce de théâtre bourgeois (comédie sentimentale) de Maude Fulton. Le scénario n'est pas très subtil.

Le spectateur doit trier.

Cette œuvre mineure n'a pas d'autre d'intérêt que de sa photographie (quelques jolis travellings avant, un décor contrasté avec pièce d'eau animée par des oies. Et des plans magnifiques depuis une balançoire) et une ahurissante longue scène de combat de catch entre de charmantes jeunes filles qui s'arrachent les vêtements jusqu'à l'érotisme suggéré.

Le directeur s'est offert un plaisir. Partagé. ” - leniod
 
6.
Three on a Match (1932)
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Although Vivian Revere is seemingly the most successful of a trio of reunited schoolmates, she throws it away by descending into a life of debauchery and drugs. (63 mins.)
Director: Mervyn LeRoy
“ Cette curiosité du Pre-Code attire d'abord par son casting de deux débutants (pour des seconds rôles), futures stars : Bette Davis, très jeune, qui montre ses jambes à la plage et Humphrey Bogart qui, à 33 ans, n'était déjà plus vert. Mais ce qui impressionne surtout dans "Une allumette pour trois", pourtant un petit budget, c'est le grand professionnalisme des studios hollywoodiens déjà en 1932 : déplacements de caméra, cadrages, jeu des acteurs, rythme rapide et les thèmes (frustration sexuelle, dépression, alcoolisme, soucis financiers, etc.) d'un scénario intelligent et travaillé (Le dénouement est particulièrement fort) pour un résultat frais et âpre, proche de la réalité, de la vie. ” - leniod
 
7.
Mauvaise graine (1934)
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A young man-about-Paris, cut off from his father's money, falls in with a picaresque gang of car thieves. (86 mins.)
“ Divertissement plein de fraîcheur, de surprises et de vie.

Avant son départ pour les USA, première (co-)réalisation en France de Billy Wilder, qui avait été scénariste à Berlin. Il avait entre autres participé au scénario de "Les hommes le dimanche" (1930), chef-d'œuvre du muet agonisant. Dois-je préciser que ce "Mauvaise graine" est moins maîtrisé que, par exemple, "Sunset Boulevard" dirigé par Wilder quinze ans plus tard ?

"Mauvaise graine", petit budget sans prétention autre que de divertir, a des faiblesses (aspect brut, fadeur des personnages et intrigue de type serial), mais il est préférable de les dépasser pour apprécier ses changements de tons rocambolesques, son extraordinaire fraîcheur et surtout certaines innovations qui annonçaient le cinéma moderne. Cela commence par une comédie dans le monde des voleurs d'automobiles (avec un curieux collectionneur compulsif de cravates !), puis se transforme en romance avant de se terminer en mélodrame. La très belle Danielle Darrieux, seize ans, éclatante de jeunesse, se montre en maillot de bain. C'est, par manque d'argent, tourné en décors naturels, dont de nombreuses scènes dans les rues de Paris, et en son direct. Il y a un magnifique travelling arrière sur une route, avec le vent qui souffle dans le micro. ” - leniod
 
8.
The Whole Town's Talking (1935)
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A meek milquetoast of a clerk is mistaken for Public Enemy #1, and the notorious killer takes advantage of the situation. (93 mins.)
Director: John Ford
“ Un savoureux cocktail de parodie de film de gangsters et de screwball comedy par un John Ford inattendu, étonnamment discret. Mais avec une double dose (à la "Docteur Jekyll et Mister Hyde") du formidable Edward G. Robinson, en ennemi public numéro 1 et surtout en petit employé soumis et timide (personnage qui anticipe les deux rôles que Fritz Lang lui offrira : "La femme au portrait" en 1944 et "La rue rouge" en 1945), amoureux transi de la délicieuse Jean Arthur. Les scènes qui les réunissent sont délectables.

La dynamique mise en scène est mobile et fluide. Les trucages (split screens) sont invisibles, ce qui était une prouesse technique en 1935. Cette perfection ne pouvait naître que grâce au grand professionnalisme des studios hollywoodiens. "Toute la ville en parle" est un produit de la Columbia Pictures et le scénariste (Robert Riskin) a beaucoup travaillé avec Frank Capra (le multi-oscarisé "It Happened One Night/New York-Miami" l'année précédente), nous sommes donc dans l'univers de Capra.

Ford, même s'il n'est pas dans son élément, a réussi un divertissement hautement recommandable. ” - leniod
 
9.
The Petrified Forest (1936)
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A waitress, a hobo and a bank robber get mixed up at a lonely diner in the desert. (82 mins.)
Director: Archie L. Mayo
“ Adaptation d'une pièce de théâtre de Broadway écrite par Robert E. Sherwood, il s'agit plus d'une romance adolescente que d'un film de gangsters : un intellectuel poète « bohème » et sans le moindre sou (mais impeccablement coiffé et habillé, avec une chemise blanche parfaitement repassée !) erre dans un désert de l'Arizona à la recherche de son salut qu'il trouve en la personne d'une jeune et jolie demoiselle (Bette Davis, déjà un peu trop vieille pour le rôle) attirée par l'art, confinée dans son trou perdu. Elle lui évoque Jeanne d'Arc. Forcément c'est le coup de foudre réciproque puisque les filles attirantes ne s'intéressent pas aux désargentés, sauf si elles vivent isolées. Et les mâles raffinés et cultivés sont rares au pays des rednecks. Loi de l'offre et de la demande. L'homme ayant plus d'expérience, il la quitte après un baiser car vivre en couple dans la misère fait « vieillir avant l'âge ». C'est alors qu'une bande de dangereux gangsters menée par Humphrey Bogart (rôle qu'il avait déjà joué sur les planches et l'a rendu célèbre) entre en scène, ce qui donnera l'occasion à l'artiste romantique de se montrer plus pathétique encore et, finalement, donner un sens à sa vie. Cette impression de fantasme juvénile idéalisé est accentuée par le tournage en studio dans d'irréels décors peints.

Deux ans plus tôt, Bette Davis et Leslie Howard formaient déjà un couple dans l'intense "Of Human Bondage/L'emprise". ” - leniod
 
10.
Stand-In (1937)
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A former child star falls in love with a stuffy accountant, who wants to learn why his firm's movie studio is losing money. (91 mins.)
Director: Tay Garnett
“ Peu vu en dehors des USA, "Stand-In" commence comme une très sympathique screwball comedy située dans le milieu des studios hollywoodiens. Une ex-enfant star, devenue doublure (Joan Blondell, la seconde et sage épouse dans "Une allumette pour trois" en 1932 et l'amie d'Edward G. Robinson dans "Bullets or Ballots/Guerre au crime" en 1936), rencontre un sévère financier (Leslie Howard) qui ne fait confiance qu'aux mathématiques… Humphrey Bogart joue le rôle secondaire d'un producteur-monteur, ivrogne par amour pour une garce superficielle dont il ne peut se détacher.

Malheureusement, le travail est bâclé. C'est parfois fastidieux. De nombreuses bonnes idées du scénario sont peu ou pas développées. Le film se termine en eau de boudin par du slapstick mou et un pesant discours politique confus. ” - leniod
 
11.
They Drive by Night (1938)
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A convict, just out of prison, is implicated in a murder and goes on the run, hitching a ride with a truck driver. (84 mins.)
Director: Arthur B. Woods
“ Sous-Hitchcock tourné en studio à Londres, alors que le maître venait d'émigrer à Hollywood. Comparé à son génie, la réalisation ici paraît plate, le jeu est parfois maladroit. Les lumières proprement travaillées donnent un charme patiné à cette production ordinaire pleine d'invraisemblances, à l'intrigue ultra-prévisible. Ernest Thesiger (le docteur Pretorius dans "La fiancée de Frankenstein" en 1935) apporte, vers la fin, une bienvenue légère touche d'épouvante.

Il ne faut pas confondre ce film peu vu avec le supérieur "They Drive by Night/Une femme dangereuse a.k.a. (en Belgique) Les pirates de la route" réalisé pour Jack L. Warner deux ans plus tard par Raoul Walsh. Leur seul point commun est la mise en scène de conducteurs de camion, la nuit. ” - leniod
 
12.
The Roaring Twenties (1939)
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Three men attempt to make a living in Prohibitionist America after returning home from fighting together in World War I. (106 mins.)
Director: Raoul Walsh
“ Bouleversant. Meilleur film de gangsters, meilleur rôle de James Cagney, meilleur film de Raoul Walsh.

L'exposition du film est très longue et laborieuse : histoire classique de gangsters sur fond d'Histoire des USA. C'est plein de clichés (pourtant sans personnage de policier), peu distrayant et doucement soporifique. Mais après une heure, l'amour fait son apparition et gouverne alors les personnages. Gladys George aime James Cagney qui aime Priscilla Lane qui aime Jeffrey Lynn. Le spectateur comprend les motivations amoureuses de chacun (le cœur n'est pas si hasardeux qu'on le prétend parfois) et s'identifie aux personnages grâce au solide scénario complexe et au casting précis. James Cagney, détruit par l'amour (« Je suis malade de te voir essayer d'éteindre avec tant d'alcool bon marché la flamme pour elle qui te consume »), finira par se sacrifier pour sauver la famille de celle qu'il ne peut s'empêcher d'aimer ("He used to be a big shot"). C'est bouleversant. Meilleur film de gangsters, meilleur rôle de James Cagney, meilleur film de Raoul Walsh.

Priscilla Lane ("Saboteur/Cinquième colonne" d'Alfred Hitchcock en 1942) chante magnifiquement quelques-unes des plus belles chansons d'amour entendues au cinéma. Dont le standard "It Had To Be You" ("And even be glad, just to be sad Thinking of you"). À noter que qu'il a aussi été interprété par Dooley Wilson dans "Casablanca" (1942) et par Diane Keaton dans "Annie Hall" (1977), le meilleur Woody Allen.

Une scène de retrouvailles d'un ancien couple après des années, avec un garçonnet qui s'amuse déguisé en cow-boy, fut peut-être une source d'inspiration pour la fin de "Les parapluies de Cherbourg" (1964) de Jacques Demy. ” - leniod
 
13.
Leopard Men of Africa (1940)
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(65 mins.)
“ Mondo incunable rarissime mais médiocre.

À la fin des années 1920, l'Américain Paul Hoefler filme son voyage en Afrique équatoriale (Kenya, Ouganda, Congo belge, etc.) Tribus, chasses, animaux sauvages. En 1930 sort "Africa Speaks!", un documentaire, supervisé par Walter Futter, sur ce safari dans lequel, déjà, le spectateur voyait un jeune garçon tué par un lion.

Dix ans plus tard. Hoefler produit un film d'exploitation précurseur du « mondo » (caractérisé par une approche pseudo-documentaire très crue, dont le montage et le choix des images choquantes mettent en avant un aspect racoleur ou tabou), en ajoutant à ses anciens rushes un scénario idiot et de nouvelles images tournées, probablement aux USA, avec des animaux dressés, le tout astucieusement monté à la louche par un pro.

Résultat, l'explorateur est devenu dans la fiction traqueur de cannibales et suit, sur des centaines de kilomètres, la piste des « signes de la Bête » (en réalité les scarifications traditionnelles de certaines tribus). La conclusion de ce cirque est pour le moins décevante.

Aucun rythme, aucun glamour, aucune présence féminine, aucune crédibilité, aucun humour… À réserver aux historiens du cinéma et aux étudiants en montage. ” - leniod
 
14.
Tobacco Road (1941)
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Hillbilly family life in 1941 rural Georgia. (84 mins.)
Director: John Ford
“ Réalisé dans la foulée du succès des "Raisins de la colère", "La route au tabac" est son pendant plus grotesque. Adapté d'une pièce de théâtre, elle-même adaptée d'un roman, le résultat est bavard et peu subtil. Du burlesque, ajouté pour adoucir le sordide, alourdit la charge.

C'est l'histoire d'une famille miséreuse de rednecks bientôt expulsée de sa ferme en ruine par la banque. La direction des comédiens est pauvre. Gene Tierney, débutante, subit son pire rôle (une demeurée nymphomane pouilleuse). Les autres personnages sont aussi taillés dans la veine « truculente » puisqu'une mère, qui se lamente de ne pas avoir de nouvelle de seize de ses enfants, méprise les deux qui sont encore sous son toit et déménage sans se soucier du sort de la grand-mère disparue dans les bois ou décédée.

Une œuvre mineure de John Ford, bizarre pour ne pas dire ratée. L'atmosphère de décrépitude, de putréfaction est néanmoins convaincante grâce aux décors (de studio), à la poussière et aux feuilles mortes. Une séquence, vers la fin du film, est judicieusement mise en scène et photographiée en contre-jour, sous de menaçants nuages. Un montage qui élague les dialogues serait pertinent. ” - leniod
 
15.
Ichiban utsukushiku (1944)
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During World War II, the management of a war industry of optical instruments for weapons requests an... (85 mins.)
Director: Akira Kurosawa
“ Magnifique film de propagande au scénario ridicule.

Le deuxième film -crédité- d'Akira Kurosawa est un pur produit de propagande destiné à motiver au travail les Japonaises pendant la seconde guerre mondiale. Le scénario est laborieux et sans intérêt autre qu'historique. Au second degré, cette histoire de stakhanovistes féministes patriotes dans des dortoirs et lieux clos débordants de femelles, qui anticipent les films de prison de femmes (WIP), peut faire sourire. J'ai eu la chance d'assister à la projection d'une bonne copie en cinémathèque. La mise en scène, la photographie, les cadrages, les déplacements de caméra, le jeu parfaitement dirigé des actrices justifient la vision de l'œuvre septante ans plus tard. À éviter si copie médiocre. ” - leniod
 
16.
Två människor (1945)
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Set entirely in one room, an innocent young man is accused of plagiarising the work of an old professor. Later, he will be blamed for the professors murder. (78 mins.)
“ Une série B d'un maître qui n'est pas un maître de la série B.

Du théâtre filmé sans justesse. Des plans-séquences lâches de deux comédiens dans un seul décor de studio. Des cadrages parfois hasardeux. Une musique tonitruante. Une esthétique qui annonce les premiers téléfilms. Des dialogues kitsch et parfois involontairement comiques. Une intrigue policière à invraisemblables rebondissements dignes de la première partie de « Numéro 17 » d'Alfred Hitchcock.

Si cette production suédoise très bon marché ne devait pas dénoter au milieu des produits courants des salles de quartier de l'époque, le résultat est très loin du raffinement plastique, des lumières ciselées, de la grâce picturale, des mouvements de caméras précis et de la rigueur formelle de « Jour de colère » tourné par le cinéaste deux ans plus tôt au Danemark.

Quelles ont été les conditions de production ? Le budget semble dérisoire voire miséreux, le tournage fut sans doute rapide. Le cinéaste se serait désintéressé du projet car les comédiens lui auraient été imposés alors qu'il avait choisi un autre casting.

Un rarissime et curieux long-métrage sonore qu'il faut contextualiser dans la carrière de Dreyer en 1945 en Suède. Ne pas s'attendre à de l'Art avec un A majuscule. ” - leniod
 
17.
The Bells of St. Mary's (1945)
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At a big city Catholic school, Father O'Malley and Sister Benedict indulge in friendly rivalry, and succeed in extending the school through the gift of a building. (126 mins.)
Director: Leo McCarey
“ Suite de "Going My Way/La route semée d'étoiles" (1944), "Cloches de Ste Marie" est un film populaire à la mode de l'époque, réalisé par un Leo McCarey que l'on avait connu plus inspiré (le meilleur Marx Brothers "La soupe au canard" en 1933, la comédie de remariage "The Awful Truth/Cette sacrée vérité" en 1937.)

Il est question de conflits pédagogiques et prières à Dieu de don immobilier.

Ce produit démodé n'aurait aucun intérêt s'il ne mettait en scène Ingrid Bergman (qui chante une chanson) donnant des cours de boxe en costume de nonne. ” - leniod
 
18.
The Fugitive (1947)
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Anti-Catholic and anti-cleric policies in the Mexican state of Tabasco lead the revolutionary government to persecute the state's last remaining priest. (104 mins.)
Director: John Ford
“ Le John Ford expressionniste de "The Informer/Le mouchard" adapte à gros traits le roman de Graham Greene "The Power and the Glory" en édulcorant ses aspérités pour respecter le Code Hays (Motion Picture Production Code).

Henry Fonda, en prêtre catholique, porte sur ses épaules toute la culpabilité de l'Humanité. Dolores del Rio est totalement artificielle en Vierge Marie-Madeleine. Tous les second rôles surjouent plus ou moins hystériquement, comme dans la plupart des Ford. Le scénario est lourd et cousu de fil blanc.

Restent des lumières travaillées, une splendide photographie grâce à un tournage en décors naturels au Mexique. Certains plans rappellent "¡Que Viva Mexico!" de Sergei Eisenstein. Le directeur de la photographie est Gabriel Figueroa qui travaillera beaucoup avec Luis Buñuel ("Los olvidados ", "El", "Nazarin", "L'ange exterminateur", etc.) mais la subtilité narrative de "The Fugitive/Dieu est mort" est loin de celle de Buñuel, même de ses productions mineures. Gabriel Figueroa allait aussi travailler en 1964 pour John Huston ("La nuit de l'iguane".)

Sur le même thème (la lutte d'un prêtre), deux films sont infiniment supérieurs (les deux d'après Georges Bernanos) : "Journal d'un curé de campagne" (1950) de Robert Bresson et "Sous le soleil de Satan" (1987) de Maurice Pialat. ” - leniod
 
19.
Arch of Triumph (1948)
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Illegal refugees lead dark lives in pre-World War II Paris. (120 mins.)
Director: Lewis Milestone
“ Le prometteur "Arc de triomphe" souffre de deux problèmes majeurs : 1) Le contexte est un fictionnel milieu des réfugiés clandestins à Paris, juste avant la seconde guerre mondiale. Le personnage principal est un sans-papier qui exerce la chirurgie. Il est difficile d'admettre qu'un chirurgien persécuté par les nazis ne soit pas régularisé en tant que réfugié politique par la France ou un autre pays. Il est aussi invraisemblable qu'un chirurgien pratique dans une clinique en France alors qu'il est en situation irrégulière. 2) Le film aurait dû être beaucoup plus long et a été brutalement raccourci au montage. Le spectateur sent les trous. L'argument, hésitant, superpose deux intrigues qui, en raison des coupures, semblent déséquilibrées, forcées, fabriquées. C'est confus.

Même si quelques lumières et coiffures ne sont pas flatteuses, Ingrid Bergman est au sommet de sa beauté dans cette romance tragique à la Frank Borzage. Certains gros plans de l'actrice sont magnifiques. Des séquences sont très belles mais l'ensemble ne tient pas. ” - leniod
 
20.
Indiscreet (1958)
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An actress who has given up on love meets a suave banker and begins a flirtation with him...even though he's already married. (100 mins.)
Director: Stanley Donen
“ Comédie romantique mineure au casting de rêve.

Adaptée d'une insignifiante pièce de théâtre bourgeois, cette comédie romantique n'est qu'un prétexte pour réunir une seconde fois la plus désirable actrice et le plus élégant acteur de l'Histoire du cinéma, douze ans après "Notorious/Les enchaînés". On est loin de l'art de Gustaf Molander, d'Alfred Hitchcock ou de Roberto Rossellini mais la mise en scène de Stanley Donen ("Chantons sous la pluie" en 1952) est délicate, comme les couleurs du film (en Technicolor). Il y a Londres, des robes et des fleurs, dont des roses rouges.

C'est léger et voluptueux. Idéal le dimanche après-midi. ” - leniod
 
21.
Lake of the Dead (1958)
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A group of friends travel to a cabin in the Norwegian forest. It's a rumor that at night a crazy man can be heard screaming at a lake nearby the cabin. (76 mins.)
“ Un groupe de six amis bourgeois trentenaires se rend à la montagne, dans un chalet situé près d'un lac peut-être hanté…

"De dødes tjern/Lake of the Dead a.k.a.The Lake of the Damned" n'est ni un film noir, ni un film d'horreur qui aurait annoncé la vague des films de zombies, les films d'exploitation gore ou un précurseur oublié d'"Evil Dead" (1981, Sam Raimi). Il s'agit d'un whodunit psychologique tiré par les cheveux, une petite production superficielle et bavarde, à la photographie soignée (Quelques plans rappellent les estampes japonaises), mais à la mise en scène plutôt plate. Les acteurs sont plus familiers du théâtre et cela se sent.

Ce film n'est pas à voir absolument. C'est une curiosité mineure, à la lisière de l'épouvante, tournée dans des décors naturels pittoresques.

Le directeur Kare Bergstrom réalisera un second film dans le même genre en 1964 ("Klokker i måneskinn") qui est resté très obscur en dehors de la Norvège. ” - leniod
 
22.
The Chasers (1959)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7.5/10 X  
Two men attracted to the same woman are attending a trip with her in the Mountains during the bird hunting season. A triangular love drama ending with tragedy. Or is it, really? (94 mins.)
Director: Erik Løchen
“ Le premier long métrage d'Erik Løchen, âgé de 35 ans en 1959, influencé par le Nouveau roman et Berthold Brecht, était à la pointe de la modernité cinématographique. La musique du film (son rythme, son montage, son son, son image) et son thème sont clairement inspirés par Ingmar Bergman (et Michelangelo Antonioni), mais aussi par la première œuvre de la Nouvelle Vague ("La Pointe Courte" réalisé par Agnès Varda en 1955). Il est étonnamment contemporain de "Hiroshima mon amour" d'Alain Resnais, scénarisé et dialogué par Marguerite Duras, sorti deux mois plus tôt. Et surtout il anticipe le travail filmique d'Alain Robbe-Grillet (entre autres pour "L'Année dernière à Marienbad" du même Resnais en 1961) et, timidement, certaines inventions de Jean-Luc Godard ou de Peter Watkins (qui à l'époque expérimentait déjà les formes de narration qu'il développerait plus tard.)

Le scénario (un éternel triangle amoureux) bouscule les conventions en détruisant la chronologie et en passant sans cesse, et de manière imprévisible, du point de vue d'un personnage à l'autre. Ce qui au début peut sembler laborieux, mais cette impression négative disparaît dès que le spectateur commence à s'attacher aux personnages, en s'identifiant à eux. "Jakten/La chasse" est aujourd'hui injustement méconnu, alors qu'il avait été sélectionné pour la Palme d'or à Cannes et qu'il a une importance incontestable de précurseur dans l'Histoire du cinéma.

En 1972, le cinéaste réalisera un second long métrage titré "Motforestilling", une réflexion théorique sèche (pas de personnage auquel le spectateur peut s'identifier), jazzy et sans profondeur, utilisant une mise en abyme, sur le langage cinématographique, assaisonnée de lieux communs bourgeois sur des sujets politiques. Dans cette catégorie (le film sur un film en train de se faire), je préfère les audaces plus ambitieuses de Jean-Luc Godard (par exemple "Le vent d'est" réalisé avec Jean-Pierre Gorin en 1969), la fulgurante lucidité de Michel Desrois ("Lettre à mon ami Pol Cèbe" en 1970), l'aventure généreuse de Roger Diamantis ("Si j'te cherche... j'me trouve" en 1974) ou la sensibilité ludique de François Truffaut ("La Nuit américaine" en 1973).

Un an après, en 1973, Erik Løchen s'apprêtait à tourner "Knut Formos siste jakt", qu'il avait écrit, lorsqu'il est tombé malade. Il fut remplacé à la direction par un certain Jan Erik Düring, à qui le plus important cinéaste norvégien offrira son dernier scénario en 1980, l'absurde et expérimental "Fabel". Il est mort en 1983, à l'âge de 59 ans. ” - leniod
 
23.
The Naked Island (1960)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 8.3/10 X  
A family of four are the sole inhabitants of a small island, where they struggle each day to irrigate their crops. (96 mins.)
Director: Kaneto Shindô
“ Attiré par la bonne réputation du film, la première heure me laissait sceptique : qu'est-ce que ce sous-produit néoréaliste à propos d'un artificiel (plutôt jeune) couple masochiste enfermé volontairement, avec ses deux petits garçons, sur une île, à deux kilomètres de la civilisation contemporaine, soutenu par une musique assommante ?

J'étais irrité par les costumes trop sensuels pour être crédibles, l'actrice trop séduisante pour ne pas quitter un paysan frustre qui la bat. Ce couple ne survivrait pas une année dans la vraie vie. Seulement quelques respirations, hors de ces facilités scénaristiques, ouvraient une porte vers le cinématographe : une fête traditionnelle, les magnifiquement photographiés bourgeons du printemps, le blé animé par le vent, une escapade touristique en ville.

Le noir et blanc, le grain, le format, la technique et le décor ressemblent au début de « L'Avventura » d'Antonioni.

Je pensais qu'il n'était pas étonnant que ce film ait été primé par l'URSS en 1961 (éloge des travailleurs pauvres stakhanovistes, mépris des commerçants radins et profiteurs, conditions horribles des classes laborieuses dans les pays capitalistes, contre-plongée sur les imaginés « héros positifs ».) Dans les sixties, l'Occident découvrait, ébloui, le cinéma et le pittoresque folklorique japonais. Aujourd'hui, la culture japonaise fait partie de la culture mondialisée. Elle impressionne moins qu'à l'époque. Depuis cinquante ans, son charme pittoresque a subi les outrages du temps. Les films de Kurosawa, Mizoguchi, Ozu, Naruse et autres maîtres ont défriché le terrain.

Néanmoins, après plus d'une heure de projection, le faux devient vrai, le cinéma prend vie, la virtuosité finit par dominer le spectateur défait, les larmes aux yeux, comme devant les Satyajit Ray des débuts.

En fin de compte, un excellent mélodrame, joliment photographié, avec un remarquable son (si l'on oublie la ritournelle pompeuse et répétitive.) ” - leniod
 
24.
The Army Game (1960)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 5.4/10 X  
Jean Lerat de la Grignotière is as full of himself as his name is long. Heeding (somewhat reluctantly... (87 mins.)
“ Cinquième adaptation cinématographique, très Nouvelle Vague, du vaudeville militaire d'André Mouëzy-Éon (par ailleurs auteur de l'adaptation théâtrale du roman de Georges de La Fouchardière "La Chienne", magistralement porté à l'écran en 1931 par Jean Renoir, puis en 1945 par Fritz Lang sous le titre "La rue rouge") et André Sylvane, après un court (perdu ?) en 1912, la célèbre (et pas si réussie, malgré la présence de Michel Simon) de Renoir en 1928 et deux autres, oubliées, en 1933 (avec Simone Simon) et 1950 (avec Francis Blanche).

François Truffaut, en récréation entre "Tirez sur le pianiste" et "Jules et Jim", a produit ce divertissement populaire et l'a co-réalisé (Il aurait surtout participé au montage). Le véritable réalisateur est Claude de Givray, un proche du cinéaste (dont il fut l'assistant sur "Les Mistons" en 1957) qui venait d'être libéré du service militaire. Il co-scénarisera deux chapitres du cycle Antoine Doinel : "Baisers volés" en 1968 et "Domicile conjugal" en 1970. Plus tard, devenu directeur de la fiction de TF1, il sera notamment responsable de la série "Julie Lescaut".

"Tire-au-flanc 62" est bourré de références cinéphiliques, dont un hommage à "À propos de Nice" de Jean Vigo. L'image est de Raoul Coutard. La jeune Bernadette Lafont joue son propre rôle, Pierre Étaix fait une très courte apparition, le dessinateur Cabu ("Le Grand Duduche") et le trop tôt disparu Jean-François Adam (l'amoureux de Colette dans "Antoine et Colette" en 1962 et "Baisers volés" en 1968, le prof de philo dans "Passe ton bac d'abord" de Maurice Pialat en 1979 et, surtout, réalisateur la même année du magnifique "Retour à la bien-aimée" avec Isabelle Huppert, Jacques Dutronc et Bruno Ganz) font partie des principaux troupiers.

Si ce n'est bien sûr pas un sommet de l'art truffaldien, la mauvaise réputation de l'œuvre n'est pas justifiée. Il s'agit du meilleur film du genre comique troupier (bidasserie ou sa variante "Police Academy") que j'ai vu. ” - leniod
 
25.
Goodbye Again (1961)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7.1/10 X  
In this adaptation of Françoise Sagan's best selling novel, Paula is a beautiful and highly successful 40-year-old businesswoman... (120 mins.)
Director: Anatole Litvak
“ Injustement méconnu et sous-estimé, "Goodbye Again/Aimez-vous Brahms ?", d'après Françoise Sagan, dresse le portrait de Paula Tessier, décoratrice d'intérieur parisienne aisée âgée de quarante ans, en couple depuis cinq années avec Roger Demarest, mondain cadre supérieur commercial. Leur « union libre » permet à l'amant de collectionner les jeunes conquêtes, ce qui fait souffrir Paula. Affectivement dépendante mais se sentant délaissée, elle rencontre Philip Van der Besh, le fils un peu déséquilibré d'une richissime cliente, qui devient obsédé par cette séduisante femme mûre. Triangle amoureux.

La mise en scène est délicatement précise et élégante. La bande-son est contemporaine des débuts de Serge Gainsbourg. La chanteuse Diahann Carroll illumine une scène remarquable.

Avec "Le cercle rouge" (1970) de Jean-Pierre Melville et "I... comme Icare" (1979) de Henri Verneuil, c'est l'un des meilleurs rôles d'Yves Montand, juste en amant usé, dragueur et jaloux qui trouve la confiance et la tendresse avec sa régulière, le sexe et le piment ailleurs. Le noir et blanc semble rajeunir l'acteur par rapport à sa performance dans "Let's Make Love/Le milliardaire", tourné un an plus tôt.

Ingrid Bergman est à peine crédible dans son rôle de femme trop vieille car en 1961 elle était encore rayonnante. Comme d'habitude, elle est parfaite.

Le choix malheureux d'Anthony Perkins, immédiatement après "Psycho", dans un rôle proche et un jeu similaire, est le gros problème du film. Lui est trop crédible en fils déséquilibré materné et gâté par sa génitrice. Le spectateur s'attend constamment à le voir surgir avec son couteau.

Cette œuvre de qualité a été réalisée cinq ans trop tard. La « Nouvelle vague » était passée par Paris et rend ce film prématurément vieillot, périmé avant la date. ” - leniod
 
26.
The Monster of Highgate Ponds (1961)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 6.5/10 X  
A group of children befriend a monster. (59 mins.)
“ Alberto Cavalcanti, réalisateur à la longue carrière internationale hétéroclite, qui a surtout adapté en 1956 Bertolt Brecht ("Maître Puntila et son valet Matti"), est responsable de ce petit film tourné dans Londres (seule particularité remarquable plutôt réussie), d'une extrême naïveté, d'un surréalisme involontaire, et sans autre prétention que de divertir sagement les moins de douze ans.

Le budget est insuffisant et les effets spéciaux rudimentaires (animation en volume) sont terriblement médiocres, très loin de la qualité de l'admirable travail de Ray Harryhausen. Rien n'est susceptible d'intéresser l'adulte. Le problème et que la personnalité du directeur et le sujet (monstre dinosaure proche d'un Godzilla) attire l'attention du cinéphile. Qui sera déçu, car le niveau n'atteint pas celui des moins bonnes séries B fantastiques américaines des années '50. Ce n'est même pas comique, seulement ennuyeux. Pour les petits, ce produit a mal vieilli et il n'est pas difficile de trouver beaucoup mieux. ” - leniod
 
27.
By Love Possessed (1961)
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Neurotic woman engages in an affair with the law partner of her impotent husband. (115 mins.)
Director: John Sturges
“ Imitation of Sirk.

Douglas Sirk ayant quitté Hollywood, la réalisation de ce mélodrame fut confiée à John Sturges, connu pour ses films d'actions ("Règlement de comptes à O.K. Corral" en 1957, "Les sept mercenaires" en 1960, "La grande évasion" en 1963). Si le génie du maître est absent, cela ressemble quand même fort à du Sirk. Grâce à la photographie de Russell Metty, aux paysages automnaux, aux décors, aux couleurs, aux lumières, à la musique, aux automobiles et au milieu de la classe aisée d'une petite ville de l'Amérique profonde.

Au niveau du jeu, il y a Lana Turner ("Imitation of life/Mirage de la vie" en 1959), Barbara Bel Geddes (l'amie de James Stewart dans "Vertigo/Sueurs froides" en 1958) et Susan Kohner ("Mirage de la vie"). On aurait préféré Rock Hudson pour un rôle masculin, mais les acteurs sont convenables. Le problème est le scénario adapté d'un roman qui s'est bien vendu de James Gould Couzzens, surestimé à l'époque. Ici pas de remise en question des conventions étouffantes, pas de veuve rentière qui tombe amoureuse d'un jardinier plus jeune, pas d'antiracisme, pas d'humanisme, pas d'amour fou, pas de critique de l'hypocrisie bourgeoise. Seulement quelques frustrations sexuelles, dues aux mariages qui sentent le renfermé, rapidement soulagées par des adultères entre amis de la même classe sociale. À la fin tout rentre dans le bon ordre, ce qui semble artificiel. Possédé par l'amour ? Qui est possédé par l'amour dans "Par l'amour possédé" ?

Reste un produit plastiquement cohérent (j'ai eu la chance de le voir en pellicule, en cinémathèque), comme on n'en fait plus. Avec quelques belles scènes et dialogues pertinents. En fin de compte, c'est le spectateur qui sort du film frustré face à tant de talents gaspillés. ” - leniod
 
28.
The Unscrupulous Ones (1962)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7.3/10 X  
This film captures the criminal behavior of two young Copacabana thugs (the "cafajestes"). The two plan a blackmail coup against a rich old man... (100 mins.)
Director: Ruy Guerra
“ Influencé par le cinéma moderne de l'époque (Nouvelle Vague, Ingmar Bergman, cinéma italien et "Shadows" de John Cassavetes), Rui Guerra, Portugais qui a étudié le cinéma à l'IDHEC (Paris), exige trop du spectateur en abusant, par exemple, du temps mort et du coq-à-l'âne.

Mon attention à la lecture des sous-titres est devenue flottante à partir de la choquante (encore aujourd'hui), longuissime et complaisante scène d'humiliation, digne d'un vulgaire produit d'exploitation (Le spectateur est transformé en voyeur par une caméra sadique), d'une jeune fille (mi-Monica Vitti, mi-Jeanne Moreau) dénudée qui se tortille langoureusement dans le sable. La progression de l'intrigue dépend essentiellement des dialogues. J'ai donc été largué.

Le récit froid et fort complexe (autour d'un père banquier en faillite, d'un oncle riche, de cousins qui s'aiment et de dangereux jeux trompeurs entre quatre jeunes gens nihilistes à la dérive) aux thématiques audacieuses (sexe, drogue, univers amoral), mais confus (Les personnages semblent mal développés), requiert un cerveau totalement disponible ou une seconde vision.

Cette œuvre datée a une importante valeur historique dans le contexte du Brésil et de son Cinema Novo, dont il est le point de départ.

À noter que Rui Guerra a aussi été acteur pour Georges Rouquier ("S.O.S. Noronha" en 1957), Jean-Daniel Pollet ("Le maître du temps" en 1970), Pierre Kast ("Les soleils de l'Île de Pâques" en 1972) et Werner Herzog ("Aguirre, la colère de Dieu" la même année.) ” - leniod
 
29.
Dr. No (1962)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7.3/10 X  
A resourceful British government agent seeks answers in a case involving the disappearance of a colleague and the disruption of the American space program. (110 mins.)
Director: Terence Young
“ James en Jamaïque.

J'avais vu "Dr. No" il y a plus de vingt-cinq ans à la télévision. Je l'ai revu sur grand écran en très bonne copie d'époque.

La réalisation est anonyme mais soignée comme dans les productions de genre anglaises (par exemple celles de la Hammer). J'ai de loin préféré ce premier film au deuxième opus réalisé un an plus tard "Bons baisers de Russie" (revu plusieurs fois ces dernières années dans les mêmes excellentes conditions) qui est pourtant généralement considéré comme supérieur, mais que je ne digère pas entre autres à cause de ses Gitans d'opérette.

Celui-ci est tourné en grande partie sous le soleil et aux bords de mer de la Jamaïque. La musique locale (calypso), en plus du fameux James Bond Thème, contribue au charme du divertissement, qu'il ne faut bien sûr pas prendre trop au sérieux. Le générique de début (signé Maurice Binder) est très beau, même s'il rappelle "Adebar" (1957) de Peter Kubelka et le travail du graphiste Saul Bass. Un bémol : la mise en scène du climax tourné en studio, sans musique, humour ou femme, est trop atone. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'endormir.

Plastiquement, c'est réussi, grâce notamment aux décors. Il rejoint la liste de mes James Bond préférés avec "Au service secret de Sa Majesté" (1969) et "Casino Royale" (2006). Je précise que je n'ai pas encore eu l'occasion d'assister à une projection de "Goldfinger" (1964) et, avec un regard adulte, de "Rien que pour vos yeux" (1981) qui sont bien cotés. ” - leniod
 
30.
The Raven (1963)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 6.7/10 X  
A magician who has been turned into a raven turns to a former sorcerer for help. (86 mins.)
Director: Roger Corman
“ Gentille fantaisie soignée et colorée.

Faiseur de sympathiques films d'exploitation fauchés à la fin des années 1950, Roger Corman a réalisé quelques œuvres plus ambitieuses dans les sixties. À cette époque, il adapte huit fois, plus ou moins fidèlement, Edgar Alan Poe. "Le corbeau", inspiré d'une poésie de l'écrivain, est le cinquième opus de cette série et le plus décontracté.

Cette petite comédie de sorcellerie aux effets spéciaux artisanaux se distingue par sa réalisation plutôt stylée, son casting exceptionnel (Vincent Price en amoureux fou, Peter Lorre en oiseau alcoolique, Boris Karloff et un Jack Nicholson jeunot), son Panavision et surtout son Pathécolor qui magnifie les velours, soies, cuirs et or des costumes et accessoires. Donc un film à voir absolument en pellicule, le spectre colorimétrique du numérique étant plus étroits, en particulier au niveau du rendu des matières.

Corman s'est par la suite reconverti dans la production d'une énorme quantité de navets, parfois proches de la série Z comme ses "Carnosaur/Raptor" qui tentèrent, non sans ridicule éhonté, de surfer sur le succès des "Jurassic Park". ” - leniod
 
31.
The Visit (1964)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7.7/10 X  
Carla Zachanassian had a child by Serge Miller as a teenager. When Serge refused to marry her, she was driven out of town... (100 mins.)
Director: Bernhard Wicki
“ Adaptation d'une pièce de théâtre de Friedrich Dürrenmatt qui s'attaque sans concession à l'emballement grégaire des communautés et à la corruption, au fait que tout s'achète avec l'argent, y-compris l'amour, la justice et le bannissement social.

Le médiocre réalisateur Bernhard Wicki, dont le travail d'acteur est aujourd'hui moins oublié, illustre (involontairement ?) l'absurdité de l'amour et le mauvais goût, le caractère impressionnable en matière de sentiments, des femmes qui chavirent pour les plus creuses chimères. En effet, comment admettre qu'Ingrid Bergman, incarnation de la perfection féminine, est frigide depuis qu'Anthony Quinn, absolument pas séduisant et sans envergure, l'a larguée et trahie dix-neuf ans plus tôt, qu'elle l'aime encore et veut se venger, alors qu'elle est encore très belle (et devenue très à l'aise financièrement) ? Le directeur semble déborder de rancune envers les femmes car sinon pourquoi enlaidir Ingrid Bergman avec une monture de lunettes ridiculement hideuse et des lumières qui accentuent ses rides ? Il aurait dû plutôt la rajeunir puisque son personnage est censé être âgé de 36 ans (ce n'est pas une « vieille dame » comme dans la pièce) alors que l'actrice avait douze ans de plus.

Le côté caricatural et grotesque du matériau d'origine est renforcé par une absence de direction d'acteurs piètrement post-synchronisés et une surabondance de figurants alignés qui circulent en rang sur la place d'une petite ville en carton-pâte.

Sur le thème de la méticuleusement orchestrée vengeance féminine par amour, je conseille le magistral "Les dames du bois de Boulogne" (1945) de Robert Bresson. À noter qu'un des plus importants cinéastes africains, le sénégalais Djibril Diop Mambety, a adapté la même pièce de théâtre en 1992 sous le titre "Hyènes". ” - leniod
 
32.
La muerte silba un blues (1964)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 5.9/10 X  
Vogel, an important trafficker, betrayed two of his accomplices, Castro and Smith. The first was shot by police, while the latter was imprisoned. Fifteen years later Smith comes back for revenge. (85 mins.)
Director: Jesús Franco
“ J'ai regardé un transfert VHS d'une copie usée de la version française de "La muerte silba un blues" (doublée au plus bas tarif du marché) intitulée "Agent 077 opération Jamaïque". Il serait également sorti sous le titre "Opération Sexy" ; j'ignore si des inserts érotiques y avaient été ajoutés.

Il s'agit d'un film d'exploitation destiné aux salles populaires. Ce petit budget d'Eurocineac réalisé par Jesús Franco, encore débutant, tente de surfer sur la vague de "Dr. No" en situant l'action en Jamaïque (mais aussi à la Nouvelle-Orléans et en Amérique du Sud, c'est un peu confus) où l'on retrouve des pêcheurs Noirs sympas. Si l'ambiance locale était particulièrement bien rendue dans le premier James Bond par le tournage sur place, les couleurs et la musique, ici c'est tourné en Espagne (à Marbella), en noir et blanc et la musique n'est pas du calypso, mais du jazz/blues. Jesús Franco, jeune, en profite pour apparaître en saxophoniste.

Pas beaucoup d'espionnage dans ce scénario (une collaboration d'un certain Luis de Diego et du réalisateur qui a donné une dimension psychologique aux personnages) de film noir (influencé par "La Dame de Shanghai", "Gilda" et surtout "Mr. Arkadin" et d'autres plus réalistes comme "The Naked City"), prétexte pour le cinéaste à tenter quelques mouvements d'appareil et des expérimentations avec la lumière. Il réussit même un hommage au cinéma de Godard (vers la douzième minute) et quelques belles scènes musicales.

Comme Jesús Franco nous en a habitué, il bâcle ce qui ne l'intéresse pas, en particulier les scènes d'action (bagarres et poursuites de voitures) exigées par l'aspect commercial de la production. Je déconseille ce film aux fans de l'agent 007. Par contre, j'ai beaucoup de tendresse pour le travail artisanal du petit maître Jesús Franco et serais heureux d'avoir la chance d'assister à la projection de cette œuvre mineure en pellicule et, idéalement, en version originale. ” - leniod
 
33.
Fuera de la ley (1964)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 4.5/10 X  
(91 mins.)
Director: León Klimovsky
“ Dialogues risibles, rythme laborieux, direction des acteurs désastreuse, mise en scène négligée, etc., le minable "Fuera de la ley/Billy le Kid" mérite sa mauvaise réputation. Le spectateur a du mal à rester attentif jusqu'à la fin car les 90 minutes semblent bien longues. Le réalisateur León Klimovsky, plus connu pour ses films d'épouvante des années '70, n'a visiblement pas pris son travail au sérieux. Il a déclaré avoir tourné ses westerns pour l'argent. « Mes films préférés sont "La Noche de Walpurgis" et "La saga de los Dracula". Ceux que j'aime le moins sont les westerns, je les ai réalisés seulement pour l'argent » (entretien par Alex Zinefilo dans "2000 Maniacos" #14, 1994 ; Ed. Manuel Valencia.)

Ce désuet produit de consommation courante qui ressemble aux westerns US de série B des années '40 (Mais est en couleurs, détail qui lui donne un peu de charme) s'inscrit dans un contexte historique particulier puisque, s'il semble avoir été terminé en 1963, il aurait été tourné en 1962, donc bien avant "Pour une poignée de dollars" de Sergio Leone, ce qui explique que l'on ne trouve pas du tout ici l'esthétique du western spaghetti qui n'était pas encore né, même si ce sont ses futurs décors et sa future main-d'œuvre mal payée, sous le regard bienveillant des autorités franquistes, qui sont déjà utilisés. De plus, c'est un exemple de production "Eurociné" ("Eurocineac" à l'époque), compagnie cinématographique française spécialisée dans le film d'exploitation co-produit avec l'Espagne, d'avant son heure de gloire, qu'elle allait connaître quelques années plus tard (grâce notamment au cinéaste Jesús Franco). Pour l'anecdote, Marius Lesoeur, patron de la société, a refusé d'investir dans le premier western de Leone qu'il a jugé trop onéreux.

(J'ai regardé la copie DVD de qualité médiocre, vendue entre 1 et 3 euros sur les marchés et en solderie, qui ne propose que la version en français. Il ne semble pas exister de meilleure édition.)

Les westerns paella les plus importants seraient, selon les connaisseurs du sous-genre, ceux des frères Romero Marchent : Joaquín Luis qui, après ses Zorro bis produits par Eurociné et scénarisés par Jesús Franco, fait œuvre de précurseur en 1963 avec "El sabor de la venganza/Les 3 implacables" et en 1964 "Antes llega la murette/Sept du Texas". Il est aujourd'hui surtout renommé pour son malsain, nihiliste et violent "Condenados a vivir/Cut-Throats Nine" (1972), proche de "Le grand silence" (1968) de Sergio Corbucci, "Le temps du massacre" (1966) et "4 de l'apocalypse" (1975) de Lucio Fulci (« "Condenados a vivir" est reconnu pour être LE western européen gore. Pourtant l'intérêt de ces séquences gore est très limité… elles semblent souvent avoir été rajoutées, tels des inserts pornos qui lardent certains métrages d'exploitation des années '70. Le véritable intérêt du film se trouve dans sa situation propice à d'innombrables tensions, à une atmosphère nihiliste et apocalyptique… par moment proche de Werner Herzog. » selon Hélène Cattet et Bruno Forzani, réalisateurs de l'hommage postmoderne au giallo "Amer"), et son frère Rafael, un bon artisan (le tragique "Ocaso de un pistolero/Dans les mains du pistolero" en 1965, "¿Quién grita venganza?/I morti non si contano/Dead Men Don't Count/Les pistoleros du Nevada" en 1968 et "Garringo" en 1969. Des films qui étaient vendus en VHS à bas prix dans les supermarchés il y a une vingtaine d'années. Je n'en ai vus aucun.) ” - leniod
 
34.
“ Contient la fille du propriétaire d'une plantation, son fils qui flaire comme un chien de chasse, des chameaux, Venise, Sherlock Holmes, ...

"The Double-Barrelled Detective Story/La Belle du Canyon de l'espoir a.k.a. Plus fort que Sherlock Holmes", western parodique à très petit budget (dans le contexte de l'époque… C'est quand même tourné en 35mm) se situe dans la lignée absurde et surréalisto-dadaïste de l'avant-garde des années 1920 (Luis Buñuel), comme le plus vif et inspiré "Halleluiah les collines" (1963), précédente œuvre en solo du frère de Jonas Mekas.

Lointainement adaptée d'une courte histoire de Mark Twain, cette mise en scène plate se révèle plutôt ennuyeuse, même si le spectateur indulgent sourit deux ou trois fois. Trop léger. Trop long.

À noter qu'un an plus tôt, un film du même genre, plutôt inspiré par la bande dessinée ("Lucky Luke"), était sorti avec plus de succès : "Lemonade Joe" du Tchèque Oldrich Lipský. ” - leniod
 
35.
The Amorous Ones (1968)
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A young man in his early 30's ponders the state of his life while dealing with three women - his sister, his new girlfriend and his lover. (100 mins.)
“ Attachante petite pépite oubliée mettant en scène, dans une ambiance très 1968, un étudiant attardé, avide de pureté, qui refuse tous les compromis avec la mesquinerie de la vie (Il méprise une de ses conquêtes parce qu'elle se prostitue pour vivre décemment et joue dans des divertissements légers à la télévision, il semble effrayé par la petite vie de famille d'une de ses sœurs et ne croit pas en la politique, lui qui pourtant n'a pas le sou et est donc, quand il travaille, exploité et méprisé, malgré son intelligence supérieure à la moyenne, ce qui l'indigne), mais vit de l'argent des autres et loge provisoirement dans la maison très bourgeoise des parents absents d'un ami. Le jeune trentenaire, même si sa fragilité attire les femmes, est incapable de trouver l'amour.

Walter Hugo Khouri, grand cinéaste brésilien existentialiste, plus connu pour "Noite Vazia/Men and Women" en 1964 (Film sur la solitude, l'égoïsme et les rapports de classes, nominé à Cannes pour la Palme d'or, que j'aimerais beaucoup avoir la chance de voir) et "Amor Estranho Amor" en 1982, semble ici influencé par le Jean-Luc Godard du milieu des années '60 ("Masculin féminin" en 1966, "2 ou 3 choses que je sais d'elle" en 1967.)

J'ai pris "As Amorosas" comme un embryon un peu exotique de "La maman et la putain" de Jean Eustache (1973) ou de "Un homme qui dort" (1974) de Georges Perec et Bernard Queysanne, deux de mes films préférés. Avec la participation remarquable de l'important groupe psychédélique expérimental "Os Mutantes". ” - leniod
 
36.
Captain Nemo and the Underwater City (1969)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 5.6/10 X  
When Captain Nemo saves the passengers of a sinking ship and takes them to his Utopian underwater city he discovers that not all of his guests agree to remain there forever. (105 mins.)
Director: James Hill
“ S'il est inspiré du roman de Jules Verne "Vingt mille lieues sous les mers", "Le capitaine Nemo et la ville sous-marine" n'est pas une suite mais une variation destinée aux enfants de six à treize ans.

Aventures, humour, science-fiction, réflexions morales, le scénario de type bande dessinée sans prétention est adapté à la tranche d'âge ciblée (avec un regard d'adulte, des personnages sont très caricaturaux, des situations sont ridicules, etc.)

Les effets spéciaux, dont des maquettes, sont honorables pour l'époque. Ils contribuent au charme de ce divertissement, filmé sans génie mais avec application, qui se distingue par ses décors et accessoires somptueux. L'influence du cachet victorien de la Hammer Film Productions est évidente et certaines lumières colorées rappellent les éclats de Mario Bava. En Panavision et Metrocolor, cette friandise poétique et kitsch, comme on n'en fait plus, a plutôt belle allure. ” - leniod
 
37.
Devil in the Flesh (1969)
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Based on the infamous novel by Leopold Sacher-Masoch this fine film follows the perverted passions of... (83 mins.)
“ "Vénus en fourrure" est l'un des plus jolis films érotiques, délicatement photographié en Techniscope et Technicolor (ou simili -?-) dans de dépaysants décors alpins et de la Costa Brava. Une épatante musique souvent psychédélique, avec parfois des touches indiennes, de Gianfranco Reverberi accompagne cette exploration sixties du voyeurisme et surtout de l'obsession amoureuse, des rapports de soumission, de dominant/dominé, dans le couple, qui rappelle "Leave Her to Heaven/Péché mortel" (1945) de John M. Stahl ou "El/Tourments" (1953) de Luis Buñuel.

L'ancien chef opérateur Massimo Dallamano (qui a dirigé en 1964-65 la photographie des deux premiers films de la trilogie de « l'homme sans nom » de Sergio Leone) met en scène avec élégance cette adaptation du fameux roman masochiste de Leopold von Sacher-Masoch. La relation perverse, déviante, est examinée avec un regard froid et détaché, sans jugement. Il est difficile au spectateur d'avoir de l'empathie pour les personnages. Sûrement qu'une deuxième vision bonifierait l'œuvre. (J'ai eu la grande chance de regarder une copie 35mm d'époque.)

Avec (dans son premier rôle important) Laura Antonelli ("L'innocent", le dernier Visconti en 1976), au corps parfait, qui finit aujourd'hui ses jours dans la souffrance, confirmant ce que Pasolini avait compris après sa "trilogie de la vie" (et sa rupture avec Ninetto Davoli) : le libéralisme économique ou sexuel est aussi inhumain et répugnant que le fascisme. On ne reste pas riche, beau et jeune toute sa vie, dans la diabolique société du spectacle qui a étendu le domaine de la lutte, en chassant Dieu et ses lois. "Strike, dear mistress, and cure his heart".

Dallamano est un cinéaste sous-estimé. Il réalisa également en 1970 une brillante adaptation de "Le Portrait de Dorian Gray" avec Helmut Berger (qui comme Laura Antonelli a depuis beaucoup perdu avec sa jeunesse), en 1972 "Mais... qu'avez vous fait à Solange ?" un des meilleurs gialli, en 1974 "La polizia chiede aiuto/La lame infernale", avec des éléments de poliziottesco. Et d'autres films d'exploitation encore plus méconnus malheureusement. Le réalisateur est mort dans un accident de voiture en 1976, à l'âge de 59 ans.

À ne pas confondre avec le Jess Franco éponyme (dont le titre original est "Paroxismus"), l'un des sommets de la carrière du -petit ?- maître espagnol, ses producteurs ayant imposé "Venus in Furs" pour profiter de la réputation de celui-ci, suite à sa censure en Italie (où le film est finalement sorti dans une seconde version en 1975 sous le titre "Le malizie di Venere".) ” - leniod
 
38.
Cactus Flower (1969)
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A dentist pretends to be married to avoid commitment, but when he falls for his girlfriend and proposes, he must recruit his lovelorn nurse to pose as his wife. (103 mins.)
Director: Gene Saks
“ Adaptation d'une pièce de boulevard de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy (1964, avec Sophie Desmarets, Jean Poiret et Jean Carmet) qui eut du succès à Broadway grâce à Lauren Bacall.

I.A.L. Diamond, le scénariste, a beaucoup travaillé pour Billy Wilder ("Certains l'aiment chaud" en 1959, "La garçonnière" en 1960, "Irma la Douce" en 1963, "The Fortune Cookie/La grande combine" en 1966, "La vie privée de Sherlock Holmes" en 1970, etc.) "Fleur de cactus" ressemble à du Billy Wilder des sixties en moins structuré.

Le choix de Walter Matthau pour le rôle du séducteur est la principale erreur : il est trop vulgaire pour la racée Ingrid Bergman et trop vieux pour Goldie Hawn (qui, débutante, a trouvé ici son meilleur rôle, malheureusement.)

Bâti sur une succession d'énormes quiproquos, ce divertissement ne se prend pas au sérieux mais, sous une apparence très légère, se révèle parfois profond. ” - leniod
 
39.
A Walk in the Spring Rain (1970)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 6.8/10 X  
The Merediths move to an isolated farm. Mrs. Meredith and the neighbour Will Cade become friends and anticipate becoming lovers. (98 mins.)
Director: Guy Green
“ Ingrid Bergman, bourgeoise new-yorkaise, accompagne à la campagne son époux, un professeur souhaitant rédiger un livre de droit pendant une année sabbatique. Leur voisin redneck la drague avec insistance. Le mari, trop occupé par son travail, ne se rend compte de rien. Elle, exaltée par le printemps et la nature, succombe aux avances du séducteur attentionné. Les deux futurs amants n'hésitent pas à sacrifier, au propre ou au figuré, leur enfant pour pouvoir vivre leur liaison. Mais l'époux qui n'a pas trouvé l'inspiration décide de rentrer en ville et tout est fini. Cette femme a-t-elle subitement pris conscience de l'absurdité de l'objet de son désir ? Se laisse-t-elle simplement porter par les autres ? Le malheureux campagnard devra revoir à la baisse son cahier des charges (on ne croise pas une Ingrid Bergman - réceptive ! - plusieurs fois.)

Ce qui aurait été intéressant c'est la réaction de l'intellectuel apprenant qu'il est trompé ou, surtout, l'avenir de cette histoire d'amour entre deux personnes au profil socio-culturel si différent, mais le scénario cède à la facilité. La réalisation est banale. Un parc naturel du Tennessee sert de décor, c'est parfois très joli. Quelques beaux dialogues : « Même si c'est impossible, je t'aime. En m'endormant je pense à toi. Au réveil, je pense à toi. Je pense à toi tout le temps. C'est mieux que rien. » ” - leniod
 
40.
The American Friend (1977)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7.4/10 X  
Tom Ripley, who deals in forged art, suggests a picture framer he knows would make a good hit man. (125 mins.)
Director: Wim Wenders
“ Hitchcock postmoderne avec implication d'une famille ordinaire, paranoïa, meurtres ferroviaires, effet de transparence (back projection ou rear projection), suspense, etc.

Je ne suis pas certain à 100% de l'efficacité du film en tant que pur divertissement mais, outre le plaisir nostalgique des accessoires typiquement seventies comme une Volkswagen Coccinelle orange ou un téléphérique-jouet (j'avais exactement le même), "L'ami américain" offre une envoûtante photographie humide et maussade de New York, Paris et du port de Hambourg.

L'énorme intérêt du film est son casting, collier de perles pour cinéphile. Si Dennis Hopper cabotine, moins que souvent, et le couple Bruno Ganz et Lisa Kreuzer font très bien leur boulot, c'est la liste des seconds rôles qui épate : Gérard Blain (icône de la Nouvelle Vague et cinéaste maudit), Nicholas Ray ("Johnny Guitar" en 1954, mon western préféré), Samuel Fuller ("Shock Corridor " en 1963), Daniel Schmid (le chef-d'œuvre du mélodrame "La Paloma" en 1974), le génial et attachant Jean Eustache. Et Lou Castel muet mais musicien. Sans oublier la Une de Libération qui annonce la mort de Henri Langlois. Renversant. ” - leniod
 
41.
The Adolescent (1979)
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The summer of 1939. Marie, at 13, goes with her parents to visit her grandmother in a small town near Avignon... (90 mins.)
Director: Jeanne Moreau
“ Le deuxième long-métrage (et dernière fiction) dirigé par l'actrice Jeanne Moreau est largement autobiographique. En 1939, comme chaque année, une Parisienne de douze ans accompagne ses parents pour l'été chez sa grand-mère dans un petit village auvergnat. Ce séjour marquera la fin de l'enfance.

La réalisation est impersonnelle. Les personnages sont joués par des comédiens professionnels citadins. Certains, en pilotage automatique, cabotinent allégrement. Les images sont parfois un peu trop carte postale.

Très loin de la qualité de "Mes petites amoureuses" (1974) de Jean Eustache ou d'"Une vraie jeune fille" (1976) de Catherine Breillat, "L'adolescente" se laisse regarder sans trop d'ennui. À voir si vous appréciez Jeanne Moreau ou si vous vous intéressez au cinéma autobiographique. ” - leniod
 
42.
The Osterman Weekend (1983)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 5.9/10 X  
The host of an investigative news show is convinced by the CIA that the friends he has invited to a... (103 mins.)
Director: Sam Peckinpah
“ Le film des adieux de Sam Peckinpah est un bon cru. Désabusé par le retour au fric et à la norme de Hollywood alors qu'il avait été l'un des plus flamboyants responsables de son émancipation une quinzaine d'années plus tôt, le cinéaste dissèque comme un médecin légiste la sémiologie des images de propagande reaganienne, en utilisant une esthétique de soap opera à la "Dallas".

L'intrigue, adaptée d'un roman de Robert Ludlum, est relativement complexe mais accessible au spectateur qui fournit un petit effort de concentration. Le thème de la manipulation est à rapprocher du "Docteur Mabuse" de Fritz Lang.

Réflexion sur le montage, "Osterman Weekend" n'est pas beau à voir. C'est clinique, tendu, froid, violent, morbide. Une œuvre visionnaire qui avait anticipé la société sans morale, paranoïaque, truffée de caméras de surveillance, dans laquelle nous vivons. ” - leniod
 
43.
The Man Who Loved Women (1983)
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This is the tale of a sculptor named David who has a major womanizing problem. He goes to seek help from a psychiatrist... (110 mins.)
Director: Blake Edwards
“ Lamentable pseudo-remake vulgaire de "L'homme qui aimait les femmes".

"L'homme à femmes" est aberrant, vulgaire, de mauvais goût et, à tous les niveaux, esthétiquement hideux. Cet ennuyeux produit standardisé pour les beaufs est l'une des pires catastrophes de l'Histoire du cinéma, avec "2010 : L'année du premier contact" (1984) de Peter Hyams, la « suite » de "2001, l'odyssée de l'espace" (1968) de Stanley Kubrick.

Blake Edwards, qui fait ici son gros lourd, aseptise lamentablement le sensible, profond et délicat "L'homme qui aimait les femmes" (1977) de François Truffaut en scabreux vaudeville de caniveau qui raconte confusément les exploits sexuels d'un pauvre type, avec amant convenu dans le placard. L'homme qui aimait les femmes devient un improbable triste dragueur caricatural.

L'art n'est plus authentique, la nature de l'amour n'est plus subtilement analysée. C'est déprimant. On ne pouvait pas faire pire que cette curiosité navrante. Fines bouches fuyez ! Après le film, le spectateur n'a qu'une envie : revoir l'original de Truffaut. ” - leniod
 
44.
Sea of Love (1989)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 6.8/10 X  
A detective investigating a series of murders becomes involved with a woman who may be the culprit. (113 mins.)
Director: Harold Becker
“ Un très bon thriller policier, lointainement inspiré par le giallo et le film noir, au scénario très solide, malgré quelques obligées scènes convenues. Le jeu des acteurs est parfait. Al Pacino trouve ici son meilleur rôle en flic divorcé et alcoolique, en pleine crise de la quarantaine. Il y a le thème de la solitude, New York, de l'humour et la fameuse chanson de Phil Phillips au titre éponyme "Sea of love", reprise depuis par Cat Power (« Come with me My love To the sea The sea of love I want to tell you How much I love you »)

On pourrait reprocher la réalisation impersonnelle et parfois un peu vulgaire, mais il ne faut pas trop attendre d'un divertissement du samedi soir. ” - leniod
 
45.
Killing Zoe (1993)
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Zed has only just arrived in the beautiful Paris and already he's up to no good. Having just slept with a call girl... (96 mins.)
Director: Roger Avary
“ Première réalisation de Roger Avary, ancien proche de Quentin Tarantino avec qui il a travaillé au Video Archives, à Manhattan Beach en Californie.

Au début de "Killing Zoe", il y a Julie Delpy. Ensuite, un montage déluré de "Nosferatu" (de Murnau) avec Julie Delpy, filmée vulgairement, qui jouit. Puis, cela fait très blague de potache gâté, aux dialogues grossiers, aux personnages sans profondeur, à la réalisation sans inspiration. Les acteurs cabotinent. C'est longuet. Vers la fin, Julie Delpy revient. Elle est incandescente. Elle a de très belles mains. La conclusion est assez saignante et le spectateur sort de ce film, écrit en deux semaines, globalement satisfait, ce qui paraît essentiel pour un divertissement. ” - leniod
 
46.
The Blackout (1997)
    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 5.3/10 X  
A debauched Hollywood movie actor tries to piece together one wild night in Miami years earlier which remains a drug-induced blur, and soon finds out that some questions about his past are best left unanswered. (98 mins.)
Director: Abel Ferrara
“ Séparation douloureuse, blessure narcissique, dépendance aux drogues, déchéance physique et maladie mentale (plus, en bonus, une surprise bien glauque que je ne dévoilerai pas), Abel Ferrara explore les failles de l'être humain.

Matthew Modine joue une star hollywoodienne qui flippe en apprenant que sa copine qu'il aime depuis cinq ans, incarnée par Béatrice Dalle, est enceinte. Il boit, prend des drogues et fait des bêtises. À Miami à l'occasion d'un tournage, après une dispute au sujet de l'avortement, elle qui ne l'aime plus, le quitte sans laisser d'adresse. Matty sombre. Un an et demi plus tard, il est abstinent, reçoit une médaille des Alcooliques Anonymes et vit dans un coquet appartement à New York avec une nouvelle amoureuse (Claudia Schiffer). Alors que n'importe quel hétérosexuel normalement constitué serait dans cette situation le plus comblé des hommes, des obsessions cauchemardesques le tourmentent. Il souhaite avoir une explication avec son ex dont il est toujours sans nouvelle. Il y a du "Vertigo/Sueurs froides" dans l'air. Son psy l'incite à retourner à Miami pour se confronter à son passé.

"The Blackout" n'est pas sans défaut comme par exemple l'inutilité de l'adaptation de "Nana" de Zola que met en scène le réalisateur de soft-porn Mickey Wayne joué par un Dennis Hopper en roue libre. Hopper en pleine improvisation, cela rappelle "Couleur chair" (1976-78) de François Weyergans, l'un des pires ratages du cinéma belge (le film, monté avec difficulté deux années après le tournage, n'est sorti nulle part tellement il est mauvais.)

La forme audacieuse de l'œuvre est justifiée par le sujet. J'explique la trop faible note des utilisateurs de l'IMDb par des malentendus. Certains votants espéraient sans doute une réalisation plus conventionnelle, plus de thriller, plus d'érotisme, plus de Claudia Schiffer, du divertissement. Le marketing a été en partie trompeur. Ce n'est pas un pop-corn movie du samedi soir. ” - leniod
 
47.
Land of the Dead (2005)
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The living dead have taken over the world, and the last humans live in a walled city to protect themselves as they come to grips with the situation. (93 mins.)
“ Après "Night of the Living Dead/La nuit des morts-vivants" (1968) dans le contexte de la guerre du Vietnam et des mouvements contestataires, "Dawn of the Dead/Zombie" (1978) dans un centre commercial, à l'apogée de la société consumériste, et "Day of the Dead/Le jour des morts-vivants" (1985) sous le règne de Ronald Reagan, à la fin de la guerre froide, George Andrew Romero revient, vingt ans après, en plein revival des films de zombies (en 2002 commençait la franchise "Resident Evil" et en 2004 était sorti "Dawn of the Dead/L'armée des morts", remake de "Dawn of the Dead/Zombie").

Le créateur du genre tente d'adapter son travail au goût du public de 2005. "Land of the Dead/Le territoire des morts" est plus passe-partout, à l'image de ses personnages et de son casting. Le scénario inspiré par "Mad Max 2" (1981) et "Soylent Green/Soleil vert" (1973), malgré ses références au 11 septembre et à la politique de George W. Bush, est digne d'une série B destinée aux adolescents des années 2000. On est un peu dans l'univers des jeux vidéo. La poésie des maquillages artisanaux signés Tom Savini est perdue, remplacée par d'efficaces effets gores numériques. Le rythme est souvent trop soutenu, le suspense en pâtit. L'atmosphère, jadis sauvage et brute, est lissée par un étalonnage commun, dans l'air du temps. D'inutiles sons vagues, menaçants et stressants sont ajoutés, comme dans de nombreuses productions grands public récentes comme les séries télévisées. Le budget de 18 millions de dollars, même si c'est le plus gros pour un film de Romero, est insuffisant, ce qui se ressent surtout au niveau des décors, le vaste cadre de l'argument étant exigeant. De plus, en raison du tournage trop court (42 jours), l'assistant Greg Nicotero a dirigé les scènes gores tandis que le chorégraphe des cascades Matt Furman a conduit les scènes d'action. Obligé de rendre un métrage évalué « R » (interdit aux moins de 17 ans), le cinéaste s'est auto-censuré en utilisant des fumées, des incrustations ou des ombres (ce qui gâche par exemple la scène du piercing au nombril).

Si le spectateur parvient à faire l'impasse sur ces déceptions, il jouira du meilleur film de zombies depuis le précédent film de zombies de Romero. 93 minutes de pure action, de plaisir et d'humour. « Ces morts font semblant d'être vivants. Comme nous. » ” - leniod
 
48.
Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans (2009)
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Terence McDonagh is a drug- and gambling-addled detective in post-Katrina New Orleans investigating the killing of five Senegalese immigrants. (122 mins.)
Director: Werner Herzog
“ Herzog reprend Ferrara pour en faire du Tarantino.

"Bad Lieutenant - Escale à la Nouvelle-Orléans" (2009) de Werner Herzog ne reprend que l'idée de base (descente aux enfers d'un policier corrompu) du semi-classique "Bad Lieutenant" (1992) d'Abel Ferrara. C'est Edward R. Pressman, producteur de l'original, qui a proposé au cinéaste allemand de réaliser une nouvelle mouture. Un projet impersonnel accepté sans doute pour l'argent.

Nicolas Cage surjoue la folie (à la manière de Klaus Kinski ?) dans cette intrigue à la Raymond Chandler, au happy-end douteux. Mais ce film désinvolte ne se prend pas au sérieux et joue avec les codes du polar U.S.. La forme est très proche du cinéma de Quentin Tarantino.

Pour un divertissement hollywoodien récent, le niveau est très au-dessus de la moyenne, mais il est difficile de retrouver Werner Herzog dans ce produit assez conventionnel. Il s'exprime quand même à l'occasion de quelques visions de serpents, iguanes, alligators et du Mississippi. Malheureusement, pas suffisamment sur la Nouvelle-Orléans post-Katrina… Dommage. ” - leniod
 
49.
Hard Labor (2011)
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Young housewife Helena is on the verge of fulfilling a dream as she prepares to open her own business: a neighborhood grocery store... (99 mins.)
“ Chronique sociale juste et inattendue, sur le travail en 2010.

Petite production surprenante car elle utilise les codes du film d'horreur pour dépeindre avec justesse les rapports de travail, d'argent et de couple dans notre société ultra-libérale. La description, presque sociologique, de la froide réalité devenant peu à peu plus étrange et absurde que les éléments fantastiques, jusqu'au grotesque pertinent. Et hilarant.

Contrairement aux frères Dardenne, qui se veulent proches du documentaire et choisissent inlassablement de mettre en scène des prolétaires improbables issus de leur imagination et joués par des comédiens bobos, Juliana Rojas et Marco Dutra situent ici l'action dans la petite classe moyenne (La dame est patronne d'une supérette de quartier, le monsieur cadre sans emploi. Et leur bonne, sous-payée au noir, est constamment critiquée, malgré son dévouement). Les moyens cinématographiques sont pauvres mais sans trop de mauvais goût. C'est assez sobre.

Les spectateurs qui s'attendent à de l'épouvante seront déçus car les ficelles de ce cinéma de genre ne sont qu'un prétexte pour une chronique subtile, en mode mineur, du quotidien de quelques personnages (reflet, sans doute, de l'entourage immédiat du couple de cinéastes.) ” - leniod